A propos d'Amélie

Longtemps, la photographie de mariage m’a semblé être un terrain de jeu trop délimité, une pratique réservée aux reporters timorés.
Il faut dire que j’avais à l’esprit des photographies un peu lisses, qui n’avaient pas assez de vocabulaire, ni de désir, pour raconter la tendresse et la puissance d’une relation.

Il aurait été d’ailleurs séduisant de détourner les codes de cette cérémonie sociale un peu trop huilée. En relevant, par exemple, le caractère incongru de ces personnages apprêtés, ou en exposant une collection de clichés ratés, dans le plus pur héritage de Martin Parr et de Jean-Christian Bourcart.

Jusqu’au jour où, un peu par hasard, beaucoup par amitié, je me suis retrouvée sur une scène de mariage, l’appareil à la main. Prête à tenter l’expérience.

Contre toute attente, une grande décharge d’adrénaline s’est emparée de moi, me plongeant dans un état photographique très spécial. Au delà de la magnificence attendue des décors et des tenues, il y avait la puissance de l’événement. Et cette multitudes de sujets vibrants, fascinants à appréhender par la photographie.

Concluante, cette première expérience m’a enthousiasmée plus qu’intimidée, me donnant l’envie de partager une nouvelle forme d’intimité avec des inconnus.

Et par extension, en dehors d’un contexte de noces, où la charge émotionnelle est extraordinairement intense, j’ai souhaité retrouver la subtilité de ces moments de vie amoureux à l’occasion de séances simples, mais tout aussi exceptionnelles.